Vincent Calabrese, le retour du maestro horloger

Publié le 17/05/2016 – Le Point Montres
Par Olivier Muller

Vincent Calabrese, le retour du maestro horloger

Il revient. Légende vivante de la génération des Dufour, George Daniels et consorts, l’horloger se remet à l’établi pour le plus grand bonheur des puristes.

Son nom résonne avec force dans le cœur des amoureux de haute horlogerie. Vincent Calabrese, le plus suisse des horlogers italiens – ou l’inverse, selon son humeur –, est de retour.

Sous son propre nom

Cet horloger de légende a longtemps été en mandat chez Corum, où il a créé le mouvement baguette qui fait aujourd’hui la notoriété de la maison (collections Golden Bridge et Ti-Bridge). Il en est toujours l’ambassadeur. Il est également l’un des deux fondateurs de l’AHCI, l’Académie horlogère des créateurs indépendants, véritable vivier de ce que la haute horlogerie compte de plus talentueux et qui vient de fêter ses 30 ans. Il est ensuite passé sous pavillon Blancpain, avec laquelle l’homme a développé de multiples modèles de tourbillons, toujours en usage dans les collections courantes. Le socle de cette renaissance, c’est à nouveau la disponibilité de son propre patronyme, sa marque, que Blancpain avait également reprise mais qui est depuis retombée dans le domaine public. « Je n’ai aucune intention de prendre ma retraite », s’amuse aujourd’hui Vincent Calabrese. « La retraite, c’est Napoléon en Russie, c’est l’abandon. Moi, je suis en pleine forme et j’ai besoin d’avoir des idéaux, j’ai besoin de me battre. »
À plus de 70 ans, sans aucune envie de goûter une retraite méritée en sa paisible Morges, sur les rives du Léman, l’homme se remet à l’établi et nous livre une réinterprétation de ses Heures vagabondes.

Heures baladines

Le principe de cette complication est assez explicite : pour indiquer l’heure, ce sont les heures qui se déplacent sur le cadran, et non les aiguilles – d’où le nom d’heures « vagabondes ». L’exemple le plus médiatisé est celui d’Urwerk, dont les heures se déplacent sur des disques ou des cubes le long d’une minuterie fixe. On en trouve également chez Vacheron Constantin (Marco Polo), F.P.Journe (Vagabondage), Audemars Piguet (Star Wheel), entre autres. Vincent Calabrese a longtemps exploité cette complication, sous son nom anglophone, « Wandering Hours ». C’est elle que l’horloger a décidé de remettre au goût du jour avec une nouvelle collection Gala, aujourd’hui complétée dans des diamètres de 36 mm et 40 mm.
Une seconde version, Ottica, se voit quant à elle déployée en versions 36 mm et 40 mm, avec des chiffres arabes et dans un style plus contemporain. Dans les deux cas, on retrouve un style épuré, un mouvement maison, une signature discrète du maître à 6 heures. Tout ici est au service d’une pièce d’esthète, sobre et élégante. Avec, toujours, cette volonté de ne pas dépasser les 40 mm de diamètre, gage de bon goût que partagent les plus grands.

Des batailles, Calabrese en aura sans doute encore un certain nombre à mener. Mais il confesse qu’il se remet à l’établi uniquement « pour le plaisir ». L’homme vit de ses diverses réalisations antérieures et n’a pas la pression du chiffre – même s’il lui faut rapidement remonter un réseau de distribution. Plus tard, il n’exclut pas non plus de reprendre sa collection Night & Day, une astucieuse création dont l’affichage sur deux disques (fond noir ou fond blanc) permet de dissocier en un seul coup d’œil les heures du jour et celles de la nuit.

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